C'est LA question de tout créateur qui se lance seul en société. Et si vous avez déjà cherché sur internet, vous avez probablement trouvé deux articles disant exactement l'inverse l'un de l'autre. Voici notre comparatif, sans parti pris, structuré autour des quatre questions qui comptent vraiment.
1. Combien vous coûte votre rémunération ?
C'est la différence la plus lourde entre les deux statuts.
- En SASU, le président est assimilé salarié : ses rémunérations supportent environ 75 à 80% de charges (part patronale + salariale) par rapport au net perçu. C'est cher, mais cela finance une vraie protection sociale, proche de celle d'un salarié (hors chômage).
- En EURL, le gérant associé unique est travailleur non salarié (TNS) : environ 45% de charges par rapport au net. À rémunération égale, il reste sensiblement plus d'argent en poche — mais la protection sociale, notamment la retraite et la prévoyance, est plus légère.
2. Comment sont taxés vos dividendes ?
Deuxième grande différence, souvent décisive :
- En SASU, les dividendes supportent la flat tax de 30%. Point final. C'est simple et prévisible.
- En EURL, la fraction des dividendes qui dépasse 10% du capital social est soumise… aux cotisations sociales TNS. Sur un petit capital, cela revient à quasi neutraliser l'intérêt des dividendes.
Conséquence pratique : la stratégie « petit salaire + gros dividendes » fonctionne bien en SASU, mal en EURL — sauf à structurer le capital en conséquence.
3. Quelle protection sociale voulez-vous ?
Le statut TNS s'est nettement amélioré, mais des écarts demeurent : indemnités journalières, retraite complémentaire, prévoyance. En SASU, vous cotisez plus mais partez avec un socle plus solide. En EURL, l'écart de charges permet — si vous êtes discipliné — de financer des contrats de prévoyance et de retraite supplémentaire souvent plus efficaces que le régime obligatoire.
4. Et demain : investisseurs, associés, revente ?
La SAS(U) offre une souplesse statutaire inégalée : actions de préférence, entrée d'investisseurs, BSPCE. Si votre projet a vocation à lever des fonds ou à accueillir des associés, la SASU a une longueur d'avance. L'EURL, elle, bascule automatiquement en SARL à l'arrivée d'un associé — un cadre plus rigide, mais parfaitement adapté aux activités patrimoniales et familiales.
Notre grille de décision rapide
- Vous visez une rémunération régulière et maximale → l'EURL est souvent gagnante.
- Vous voulez vivre légèrement et sortir le reste en dividendes → la SASU s'impose.
- Vous prévoyez une levée de fonds ou des associés → SASU, sans hésiter.
- Vous cumulez avec un emploi salarié ou l'ARE → la SASU sans rémunération est redoutablement efficace.